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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 19:03

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Annelise Ragno, éloge de l’attente

 

Il fut un temps où le travail vidéo d’Annelise Ragno s’inquiétait de la question du mouvement. Elle s’était alors saisi de différentes situations, volontiers sportives, dont elle captait la dynamique dans toutes sortes de cadrages et de séquences qui n’en livraient jamais pleinement l’activité mais en déclinaient la geste. Quelque chose y était à l’œuvre qui interrogeait le regard en le renvoyant à la problématique de l’énigme et du fragment dans des pièces en boucle expressément brèves. Ce faisant, il y allait de la volonté de quêter après une forme d’essentialité.

Ses récents travaux partagent une autre préoccupation, celle de rendre compte de l’idée de l’attente. Du moins sont-ils fondés sur un rapport au temps qui exclue toute mesure dynamique en mettant l’accent sur les notions de lenteur, d’incertitude, voire de vide ou de mise en abîme. Vidéo, photographie et dessin sont alors autant de procédures qui permettent à l’artiste de traduire chacune de celles-ci en fonction du motif abordé. Ici, la caméra de l’artiste s’attarde en plan fixe sur le goutte-à-goutte d’une stalactite pour mieux mesurer l’interminable durée qui participe à donner forme à tout un monde de géographies improbables. Là, les photographies qu’elle a faites de certaines concrétions invitent le regard à la découverte de paysages d’un temps et d’une nature insondables. Là encore, les gaufrages au nom inversé de Bataille qu’elle a réalisés sur la pierre tombale même de l’écrivain renvoient le regardeur à l’exercice d’un déchiffrement et d’une lecture mémorable. Là enfin, l’homme qu’elle filme sur fond d’un horizon résolument plat et qui paraît dessiner dans l’espace on ne sait quels mystérieux signes plus ou moins chiffrés ne nous dévoile rien d’emblée du sens qu’il faut leur prêter.

Les images d’Annelise Ragno ici rassemblées font toutes en somme l’éloge de l’attente. Si elles ne se livrent pas à première vue, c’est que rien n’est jamais donné à voir dans l’immédiat du regard. Ce n’est pas qu’elles refusent de se dire mais elles exigent de celui qui les découvre qu’il prenne son temps. Qu’il leur donne son temps. La démarche d’Annelise Ragno contribue ainsi à nous rappeler que toute œuvre procède d’un temps réfléchi et qu’elle s’informe dans l’étendue de ce temps-là. En amont, au regard de la lente maturation de l’idée que l’artiste a en tête et des possibles conditions de sa réalisation ; en aval, dans la force prospective et durable de la mémoire à faire trace. Dans cet entre-deux, l’attente de l’œuvre est l’occasion pour le regard de se laisser aller à la découverte de tout un monde d’indices qui fondent l’art de Ragno et qui nous parlent de la vie, de la mort et de l’autre, voire nous renvoient à nous-mêmes. 

 

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18 janvier 2013 5 18 /01 /janvier /2013 16:46

"Et la chine s'est éveillée...

Xiao Fan, Wang Guangyi, Zhou Jun,

Wang Keping, Yan Pei Ming, Yang Yongliang, Qiu Zhijie"

 

Quand la Chine s’éveillera… le monde tremblera : publié en 1973, trois ans avant la mort de Mao Dzé Dong, le livre d’Alain Peyrefitte était prémonitoire. Nul ne pouvait cependant imaginer avec quelle rapidité la République Populaire de Chine allait s’ouvrir au monde. Encore moins de quelle manière cela devait s’opérer dans le champ des arts plastiques.

 

 

Intitulée " Et la Chine s’est éveillée… ", l’exposition présentée cet hiver à la Chapelle de la Visitation s’inscrit dans le cadre de l’une des thématiques que nous avons retenues, à savoir " Mélange des cultures / Nomadisme et mondialisme ". Actant la réalité de cet éveil, elle réunira les travaux de quelques artistes chinois, installés en France ou y ayant séjourné, en mettant en exergue ceux du peintre et sculpteur Xiao Fan. Une façon d’inviter les visiteurs à découvrir non seulement une scène artistique promue d’avenir mais les effets d’échanges culturels qu’a entraînés cet éveil de la Chine.

 

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Vue de l'expostion sur les oeuvres de Xiao Fan

 

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 09:53

présentée dans le cadre de Marseille-Provence 2013 Capitale européenne

de la culture, à l'invitation du FRAC Provence-Alpes-Côte d'Azur

dans le contexte de l'itinéraire d'art contemporain imaginé

sur le thème de "Ulysses",

du 13 janvier au 14 mars 2013.

 

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Deux immenses chaises plantées au beau milieu de la nef de la chapelle Sainte-Anne, l’une chargée de ballots de tissus, l’autre de grands tampons en bois, toutes deux entourées d’une

foule d’autres de dimensions normales : Barthélémy Toguo occupe le territoire. Dans le chœur, une pyramide d’autres ballots ; dans les alcôves latérales, d’autres tampons simplement posés sur des tables. Tout à la fois multicolore, multiculturelle et multinationale, son œuvre procède d’une réflexion ouverte et altruiste sur le destin de l’homme et la marche du monde. Itinérance, déplacement, évocation, Toguo met en scène toutes sortes de dérives qui témoignent de sa volonté d’embrasser le monde. Une œuvre ouverte à tous les horizons et à tous les vents où souffle l’esprit d’une humanité en perpétuel mouvement.

Ph.P.

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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 17:52

Vernissage ce soir samedi 12 janvier,

exposition jusqu'au 16 février...

Un artiste, une oeuvre à découvrir...

 

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Jérémie Delhome, des possibilités de la forme

Renonçant à toute description et à tout dialogue, se contentant d’imaginer le verbiage d’êtres situés aux limites du néant, Samuel Beckett publie en 1953 un long monologue bien nommé L’Innommable qui acte le fait d’une écriture dont l’économie de moyens le dispute à toutes les gloses et à tous les bavardages. A l’instar de James Joyce, il use des mécanismes de dissolution de la conscience et de ses langages dans un temps pour ainsi dire atomisé entraînant toute son œuvre, personnages et histoires confondus, au processus impitoyable de la réduction.

Quelque chose de semblable est à l’œuvre dans le travail de Jérémie Delhome, en peinture comme en dessin. A sa source, l’artiste dit simplement faire des gammes – comme n’importe quel compositeur en quête de structures et de signes - de sorte que s’imposent certaines formes qu’il prend en compte pour constituer son répertoire. Celles qu’il retient et qui vont devenir l’objet même de la peinture ou du dessin, le motif auquel donner corps, sont alors le prétexte à l’exécution d’un protocole précis que distingue seulement le médium employé. Jérémie Delhome constitue comme une sorte de pochoir à la forme retenue à travers lequel, suivant une succession d’applications, il incarne celle-ci dans la matière.  

La série de dessins qu’il présente chez Marie Cini relève d’un travail réalisé à partir de papier carbone dont il se sert comme d’un pigment en empruntant une feuille de papier par plans successifs à l’intérieur d’un calque découpé au motif de la forme. Il en résulte toutes sortes d’empreintes et de superpositions d’empreintes qui lui permettent de jouer en densité et en valeur, conférant à la forme ainsi dessinée une épaisseur, un volume qui l’apparentent à un objet en navigation dans l’espace. Il y va d’une mesure singulière où le dessin tutoie la sculpture et joue d’autant plus de l’illusion d’un relief que Delhome compose avec les effets de lumière du pigment accusant ainsi ceux du rapport de la forme et du fond.

Le principe de réduction qui guide la démarche de l’artiste tient au soin qu’il a de décliner un vocabulaire de formes rudimentaires, figurées mais non identifiables, qui en appellent aux fondamentaux des possibilités de la forme, qu’elle soit peinte ou dessinée. Comme il en est chez Beckett ou chez Joyce, l’idée de réduction n’est chargée chez Delhome d’aucune connotation péjorative parce qu'il s'agit de ramener la forme à l’état le plus simple. Réduire, en fait, c'est rapprocher. Il y va d'une opération de synthèse qui privilégie l'élément par rapport au tout et dont la finalité permet d'aller de l'un à l'autre avec encore plus de liberté. Le fait de réduction assure à la forme son unicité et à l’œuvre sa part mystérieuse. Dans cette qualité supérieure où, comme l’affirme Michel Onfray, « toute peinture digne de ce nom recèle une énigme. » Peinture, dessin ou œuvre d’art, cela s’entend.

                                                                                                      Philippe Piguet

 

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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 09:50

Alors qu'il est présent au Musée de Grenoble jusqu'au 3 février avec une exposition rétrospective qui occupe quelques dix-sept salles, Philippe Cognée est à la Galerie Daniel Templon, jusqu'au 21 février, avec une nouvelle série de "Portraits de maisons" à laquelle est associée une autre de portraits de différentes personnalités parmi lesquelles... voyez ci-dessous...

 

Cognee-Philippe---expo-Templon---Portraits---10.01.2013.JPG

 

A vous de juger qui me connaissez...!

 

 

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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 22:43

Et que le vent vous porte aussi loin que vos rêves !

 

 

Mauritanie---Le-Banc-d-Arguin---11.2012.JPG

Mauritanie, Le Banc d'Arguin, novembre 2012

 

Bonne Année !

 

Philippe Piguet

 

 

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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 20:56

= L'oeil, #651, novembre 2012 :

 

- Portraits de :

                             "John Giorno. Des mots pour tous"

                             "Jérémy Liron. Un monde inquiet"

 

- Dossier "Ils font la FIAC" :

                            'Ils font la FIAC des contemporains"

                            "Ils font la FIAC des émergents"

                            "Ils font la FIAC des historiques"

 

 

- Dans le cahier des expositions :

                            "PIG. Un projet manifeste" au Musée de la Chasse et de la nature

                            "Plastique verbale" à la Fondation Hippocrène

                            "Cage/Satie" au Musée d'art contemporain de Lyon

 

 

= L'oeil, #652, décembre 2012 :

 

- Portraits de :

                            "Laurent Pernot. Rendre visible l'invisible"

                            "Bruno Perramant. "Histoire(s) de peinture""

                            "Ronan Barrot. "Entièrement peintre""

 

                            "Georges Didi-Huberman. Un oeil pour l'histoire"

 

- Articles sur :

                            "Chaïm Soutine. Peintre de l'incarné" au Musée de l'Orangerie

                            "Soutine et la leçon de Rembrandt faite à Céline"

 

- Dans le cahier des expositions :

                            "Mircea Cantor. Pour un art universel" au Centre Pompidou

                            "Des fantômes en hommage à Aby Warburg" au Studio national

                                                                                 des arts contemporains du Fresnoy

                            "Fluxus ou les fondements du postmodernisme" au Musée d'art

                                                                                      moderne Saint-Etienne métropole

                            "Robert Henke. Son et lumière" au Lieu Unique à Nantes

 

 

= (art absolument), numéro spécial "Alain Kirili" 

                       à l'occasion de son installation "Rythmes d'automne"

                                                          sur le parvis de l'Hôtel de Ville à Paris :

 

                            "Alain Kirili. Le monolithe et le nucleus - entretien avec l'artiste"

 

                               Kirili---1.jpg

                              

             

= (art absolument), numéro 50, novembre/décembre 2012

                                   Reprise de l'entretien avec l'artiste 

                           

 

 Kirili---2.jpg

 

 

 

 

 

 

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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 07:40

 

1---Bourgeois-Louise---Portrait-par-Michel-Comte---2002.jpg41---Bourgeois-Louise---The-Red-Room---Parents---1994.jpg

Louise Bourgeois, The Red Room, 1994

 

50---Joan-Mitchell-1991-png.png43---Mitchell-Joan---Yves---1991.jpg

 Joan Mitchell, Yves, 1991

 

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Niki de Saint-Phalle, Le Jardin des Tarots, 1996-1998

 

 

Louise Bourgeois, Joan Mitchell & Niki de Saint Phalle…

Trois aventures de création, singulières et différentes, conduites par trois femmes remarquables qui ont su s’imposer dans un monde de l’art encore très masculin.

Mythologie individuelle, peinture gestuelle et sculpture engagée sont les vecteurs respectifs de chacune d’elles dans l’élaboration d’une œuvre qui fait écho à toutes les préoccupations des avant-gardes de leur époque. Si Bourgeois, Mitchell et de Saint Phalle partagent une même posture féministe, leur art se distingue par une force d’expression et une richesse plastique sans pareil. 

 

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9 décembre 2012 7 09 /12 /décembre /2012 19:42

   ...dans le catalogue de son exposition :

 

   "Philippe Cognée", Musée de Grenoble, jusqu'au 3 février 2013 ; 

                                        Musée des beaux-arts de Dole, 9 mars-9 juin 2013.

 

 

Cognee---1.jpg   Cognee---2-copie-1.jpg

 

 

"Si les premières œuvres de Philippe Cognée réfèrent à une iconographie imaginaire de figures plus ou moins primitives, qu’a déterminée une jeunesse passée au Bénin, il a trouvé la marque d’un style dans toute une production d’images qui en appellent à la photographie. La façon qu’il a eue au cours des vingt dernières années de capter le réel pour en composer toutes sortes d’images relève d’une vision contemporaine qui prend en compte l’appréhension d’un espace-temps que les nouvelles technologies ont profondément transformée. Le rapport de l’homme au monde qui l’entoure sous-tend aujourd’hui des éléments de perception, d’échelle et de mesure qui en induisent une approche nouvelle. L’attention de Philippe Cognée à son environnement et son intérêt pour l’image qu’il peut en capter via la photographie ont profondément infléchi sa relation au réel et enrichi son œuvre d’une réflexion sur la question du modèle..."

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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 16:33

Du Monument à Balzac de Rodin aux fameuses "colonnes de Buren",

l'histoire de la commande publique est riche de proposiitions artistiques 

marquées par le soin de mettre l'art à portée de main

et par celui de créer du lien social... démonstration, analyse et réflexion.

 

02 - Rodin Auguste - Monument à Balzac - 1891-1899               03 - Buren Daniel - Paris - Cour du Palais Royal - Les deux

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